Artiste Peintre

 

"Une artiste que j’ai eu la grande chance de découvrir lors d’un passage à son atelier. Ses dessins à la pierre noire, qu’elle travaille sur calque polyester ou sur plexiglass semblent irradier leur propre lumière. Dans des jeux de clairs obscurs, elle nous raconte des univers oniriques où des créatures viennent se désaltérer à la source de la lumière que son trait de crayon ou sa gomme laissent filtrer. Elle peint sur plexiglass des visages doux et mystérieux, aux profondeurs de paysages, ou le regard se plonge.

Sur des bois multi-centenaires qu’elle enduit, elle fait apparaitre des paysages fantastiques. Sa technique à la mine de plomb joue comme un révélateur, un négatif photographique. Le Grand Meaulnes n’est pas loin. C’est beau et sensible." 

 

                                                                                                                                                       L.P.

                                                                                 

  Entre autres prix, Claire Espanel est récompensée par le Prix de la Fondation Taylor remis lors du Salon Comparaison de 2020, au Grand Palais à Paris.

Claire Espanel

La chercheuse de lumière

Claire doute.

     Elle travaille à ne plus douter, à la fois forte d'une opiniâtreté redoutable et fragile de la vulnérabilité des êtres qui craignent que leur univers intime ne soit pas perceptible du plus grand nombre. Elle travaille des journées entières, parfois dans le froid d'un atelier qui, s'il est majestueux, offre un confort rudimentaire. Ses œuvres la dépassent, littéralement, par leurs dimensions ; mais ne se perd-elle pas aussi dans leurs méandres nocturnes laissant venir à elles des rêveries étranges et inquiétantes pour ceux qui ne sont pas de ce monde-là ?

Et ses dessins se dressent, comme un déni au doute. Ils existent et nous embarquent, sombres vaisseaux de mers intérieures.

     Le noir nous happe. Depuis 1995, ayant abandonné la couleur, son domaine est fait de brumes ombreuses, de nuits profondes révélant parfois

des formes spectrales, mi-homme mi-bête, des étangs enchâssés de bois obscurs, des paysages purement romantiques où la mélancolie se doit d'être douce.

Pas de couleurs. Ce que l'artiste cherche est plus aveuglant, plus douloureux : la lumière. Comment expliquer autrement l'utilisation de supports opalescents (le calque polyester depuis 2003) voire transparents (la gravure sur plexiglas, le verre depuis peu) ? Derrière la pierre noire, la lumière est là, hésitante, peinant à percer et pourtant faisant exister plus encore l'œuvre, lui offrant son alter ego créateur. Une lumière qui, s'extirpant de coulées solides, apparaît peu à peu sous les coups de gomme de l'artiste donnant naissance, par effacements successifs, à des portraits, des déesses (2010), des animaux (2012), mêlant à la figuration fidèle et experte des formes abstraites. Les opposés s'entremêlent : le liquide et le solide, le figuratif et l'abstrait, l'ombre et la lumière.

     Elle affirme : « Quelque chose s'absente par l'effacement. Ou l'incapacité à faire émerger. Ou par trop de nuit ».

     La nuit qui lutte encore contre la lumière naissante des aubes à venir, dont le voile vient à étouffer les derniers éclats du jour, lutte sans cesse renouvelée, cycle des jours et des nuits où l'artiste nous fait cheminer entre chien et loup, en un crépuscule éternel.

« Mon travail traduit un désir de réunir les opposés, de rendre transparent ce qui sépare non pas pour unir, mais pour faire l'expérience de la juxtaposition des contraires. L'étrangeté. »

Anne Billon

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